L'enfant et le jeu: approches théoriques et applications pédagogiques

Publié le par damerlepion

enfant jeu

 

Voici un dossier de l'UNESCO un peu ancien (1979) mais qui a le mérite d'exister et pour but d'utiliser le jeu comme technique pédagogique dans différents contextes socio-culturels.

Il aborde différentes approches du jeu (théoriques, psychologiques, sociologiques, éthnologiques, pédagogiques), les jeux et jouets dans diférents pays, fiches d'études et activités et l'exploitation de ses activités.

 

Préadolescence

Au cours de la période suivante, on assiste à un certain dépérissement des jeux symboliques, tout au moins de ceux qui supposent l’identification à un modèle réel, familial (père ou mère) ou social (chasseur, maîtresse, chef...). Par contre, les jeux de fiction, laissant une large place à l’imaginaire, continuent à être très vivaces jusqu’à douze ans environ : jeux de pirates, de cow-boys et d’Indiens, de cosmonaute, de vedette chez la fille etc. ... Simultanément, c’est-à-dire vers dix ans, l’enfant découvre les jeux dits de procédures communément appelés (jeux de société)). Cet âge qualifié par Piaget d‘hypothético déductif voit s’épanouir les activités de fabrication (tissage, couture, bricolage), le goût du sport; dans le même temps, le compromis de base entre les pulsions et la règle que suppose le jeu, bascule peu à peu vers la logique et la formalisation. Le renforcement du moi a rendu les déplacements symboliques moins souples, l’imagination s’appauvrit, et l’enfant découvre le plaisir de jeux dépouillés de contenus narratifs, comportant des règles strictes, souvent complexes, et exigeant un effort d’attention et de réflexion important : tels sont les jeux de cartes, les jeux de tabliers (awélé des Baoulé et ses différentes versions) les dames, les échecs. Ces jeux peuvent conserver une part de plaisir fonctionnel et parfois symbolique, mais leur caractéristique essentielle est la régularité logique qu’ils imposent aux joueurs. La fin de cette période marque en même temps la fin de l’enfance. La passation d’une classe d’âge à une autre constitue une épreuve difficile, que certaines sociétés facilitent en prenant en charge différents rituels initiatiques. Dans le monde occidental, la société globale refuse désormais d’assumer cette fonction. Ainsi s’explique, sans doute, la situation particulièrement douloureuse d’adolescents et d’adolescentes chez qui l’activité ludique vient à disparaître presque complètement et qui ne peuvent trouver ni dans la parole, dont ils n’ont pas souvent une parfaite maîtrise, ni dans leur corps en pleine transformation, ni dans le groupe familial ou social, le soutien et l’intégration dont ils auraient besoin. Ainsi Philippe Gutton s’explique- t-il, à cet âge, la fréquence des passages à l’acte souvent dramatique (délinquance, suicides), qui sont la conséquence de l’abandon social et culturel où se trouve l’adolescent.

 

Comment organiser et faire réaliser une enquête sur les jeux

L’enquête sur les jeux d’enfants, comme toutes les enquêtes dans un cadre scolaire, réclame un certain nombre de précautions. Tout d’abord, définir l’objet de l’enquête, le public et la méthode, en tenant compte du temps et des moyens mis en oeuvre. Préparer l’enquête et l’exploiter représente 80 % du temps de recherche, l’observation et la confrontation sur le terrain constituent largement les 20 % restants. La prévision de bons moyens d’enregistrement facilite le travail d’observation. La sélection des thèmes intéressant les élèves maîtres et que l’on transforme en hypothèse de travail est l’opération la plus délicate; loin de restreindre le champ de recherche, on polarise et structure l’enquête elle-même. Cette sélection d’ailleurs peut s’agrandir ensuite dans les rapprochements des fiches de jeux. Avant de lancer les élèves maîtres comme enquêteurs sur le terrain, il s’agit de les faire réfléchir sur leurs relations avec les enquêtés, sur les transformations liées à leur présence dans la pratique des jeux, comment ils vont être perçus, comment ils vont repérer les joueurs ... dans la pratique des jeux. En outre, on peut procéder par une simulation méthodologique : par exemple, faire jouer aux dames deux élèves et proposer aux deux joueurs de faire une fiche de jeu et aux observateurs de rédiger une fiche de jeu. La confrontation des deux rédactions paraît la meilleure manière d’aborder les problèmes de sélection des critères de notation pour la fiche normalisée - entre autres de transcription des mouvements du jeu et des formules en langue non écrite. L’enquête participation demande une formation psychologique des enquêteurs animateurs : ils

ont tout d’abord à motiver le public, afïn que celui-ci comprenne l’intérêt de ce genre de recherche et puisse participer complètement. Les animateurs des groupes de joueurs veillent à une programmation des activités, au sérieux des comptes-rendus, et aux interprétations collectives des résultats.

 

Extrait du DOSSIER

Damerlepion

Publié dans Pédagogie

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