Développement cognitif à l’âge du jeu et à l’âge scolaire

Publié le par damerlepion

eleve modele

 

 

Pensée de l’enfant à l’âge du jeu

 

1. Le jeune enfant ne peut dénombrer de grandes quantités et il a de la difficulté à additionner et à soustraire. Ses dénombrements révèlent cependant qu'il comprend déjà les principes numériques élémentaires, tels que l’ordre, la correspondance biunivoque et la cardinalité. Les parents favorisent grandement l’acquisition des habiletés numériques en accomplissant avec l’enfant des activités à caractère numérique : compter les doigts de la main, les bâtonnets, les billes, ôter ou enlever des unités, regrouper des objets, etc.

 

2. L’enfant d'âge préscolaire manifeste parfois une grande aptitude à la résolution de problèmes au jeu et dans ses relations avec ses cousins et ses camarades. La recherche a toutefois démontré que les aptitudes à la résolution de problèmes peuvent s'améliorer si les adultes guident l’enfant et adaptent les tâches à ses capacités. Après tout, c’est un enfant, et lui exiger des devoirs supérieurs à ses capacités va très souvent le frustrer et inhiber même les compétences qui étaient déjà acquises, à cause de la basse estime de soi.

 

3. Le jeune enfant ne peut ni stocker ni récupérer volontairement les souvenirs, mais il peut faire appel à des scénarios pour se remémorer des expériences particulières. Les adultes peuvent faciliter le rappel en aidant l’enfant à reconstruire ses souvenirs et en lui enseignant des stratégies de recouvrement. L’enfant peut récupérer des souvenirs anciens si l’adulte lui pose des questions directives et l’incite à se concentrer sur des aspects précis d'événements significatifs. N’oublions donc jamais qu’il est fondamental de trouver du temps pour que l’enfant nous raconte des faits survenus à l’école, ou qu’il répète un conte que nous lui avons narré.

 

4. Les enfants échafaudent des hypothèses à propos de leurs expériences de vie et des êtres humains. Ils se dotent ainsi d'une théorie mentale qui témoigne de leur compréhension des opérations de l’esprit, des pensées, des sentiments et des motivations des autres. Ils sont sensibles à la subjectivité, mais comprennent mal que les perceptions des autres ne sont pas toujours conformes à leur perception de la réalité. Parfois ils penseront que les autres sont intellectuellement limités, étant donné qu’ils « n’arrivent pas à comprendre » ce qui, à leurs yeux, va pourtant de soi !

 

Piaget et la période opératoire

 

5. Selon Piaget, la pensée à la période préopératoire est essentiellement prélogique (intuitive) et égocentrique. La pensée égocentrique à l’âge du jeu est caractérisée entre autres par l’animisme et l’artificialisme. Tout est donc doté d’une « vie », et les choses aussi souffrent, tout comme les animaux pensent, prient et sourient.

 

6. A l’âge du jeu, l’enfant ne saisit pas la réversibilité des transformations, se concentre sur un aspect d'une situation à l’exclusion des autres (centration) et raisonne de manière statique plutôt que dynamique. Souvent il pleure parce que sa petite voiture est en panne (pour toujours !) et, à sa surprise, papa la remet en marche. Donc, papa est tout-puissant ! Par ailleurs, l’enfant ne possède pas les aptitudes au raisonnement logique et systématique de l’enfant d'âge scolaire.

 

Théorie de Vygotsky : l’enfant apprenti

 

7. Vygotsky considérait l’enfant comme un apprenti. Selon lui, l’enfant acquiert des habiletés cognitives en participant, sous le regard vigilant des adultes (parents, voisins, amis, enseignants, animateurs, catéchistes, curés, entraîneurs, modèles, etc.), à des activités sociales qui stimulent son développement intellectuel. Cette théorie tend donc à valider les procédés d’imitation et d’initiation professionnelle et morale traditionnelle, et l’enseignement à travers l’apprentissage immédiat accompagné.

 

8. La zone proximale de développement correspond, d'après Vygotsky, aux progrès qu'un enfant a le potentiel de réaliser, si quelqu’un l’aide. Le rôle des adultes doit donc consister à guider l’enfant vers les apprentissages qu’il est prêt à accomplir, d’abord avec leur aide, et ensuite de façon autonome, c’est-à-dire assimilée.

 

9. Selon Vygotsky, le langage favorise le développement cognitif dans la mesure où il permet le soliloque et facilite les interactions sociales propices à l’apprentissage. En d’autres termes, il est fondamental qu’un enfant parle tout seul ou avec ses objets, avec sa poupée ou avec son chien. Ces partenaires, vu leur « capacité d’écoute attentive », lui permettent de formuler ses pensées, de poser des questions, et d’élaborer tout seul en réalité des réponses qu’il ne reçoit pas de la part de ses « collègues ». Parfois il enseigne ou démontre à ces « compagnons » ses découvertes, ce qui finit par consolider que qu’il sait déjà (faire) puisqu’on apprend mieux en expliquant à un autre, réel ou imaginaire.

 

Acquisition du langage

 

10. L’enfant connaît 10 000 mots ou plus vers l’âge de 6 ans. Il intègre les mots nouveaux dans un schéma mental en se fiant au contexte dans lequel ces mots sont présents.

 

11. Quand il atteint l’âge du jeu, l’enfant maîtrise les formes grammaticales élémentaires. Cependant, il a de la difficulté à comprendre les mots abstraits et il a tendance à surgénéraliser les règles de grammaire du genre: « Mon gâteau est plus bon que le tien… ton bobo est plus pire que le sien… un cheval, des chevals… ils sont gentils (présent), ils sontaient gentils (il est, il était = ils sont, ils sontaient ».

 

Education préscolaire

 

12. Depuis les indépendances des pays Africains, selon Moumouni, l’éducation préscolaire est de plus en plus répandue, surtout dans les milieux urbains. Le phénomène est dû d'une part aux recherches prouvant que l’éducation préscolaire est bénéfique et, d’autre part, aux mutations de la famille et du travail.

 

13. La qualité de cette éducation préscolaire varie considérablement. Il est vrai que beaucoup d’enfants ne sont suivis de façon systématique qu’en entrant à l’école primaire, habituellement entre 4 et 6 ans. Il serait souhaitable que l’éducation préscolaire soit offerte à tous les enfants, étant donné que les programmes administrés par des adultes compétents se révèlent bénéfiques à long terme, non seulement pour la réussite scolaire de l’enfant, mais aussi pour son développement social.

 

[Âge scolaire]

Pensée, mémoire et connaissances

 

14.  L’enfant d'âge scolaire possède les aptitudes nécessaires à la fréquentation de l’école. Il manifeste par exemple d'étonnantes compétences en traitement de l’information. Dans certains milieux traditionnels, il n’est pas rare d’entendre des interprétations en rapport avec la réincarnation d’un esprit dans l’enfant, ou simplement la croyance que l’enfant est « sorcier », ce dont on dirait ailleurs qu’il est « éveillé » et tout simplement normal et brillant.

 

15. L’attention sélective s'améliore de façon marquée à l’âge scolaire. La capacité de se concentrer et d'ignorer les facteurs de distraction s'améliore d'année en année.

 

16. La capacité mnésique et la vitesse de traitement mental augmentent à l’âge scolaire, grâce à la maturation du cerveau mais surtout à de meilleures stratégies d'apprentissage. La base de connaissances de l’enfant s'étend d'année en année, ce qui favorise l’assimilation de nouvelles informations.

 

Période opératoire concrète

 

17. Selon Piaget, l’enfant commence vers l’âge de 7 ans à effectuer les opérations logiques caractéristiques de la pensée opératoire concrète. Il est alors capable d'appliquer des principes logiques comme la réversibilité, l’identité et la décentration à des problèmes de classification, de conservation, de mathématiques et de sciences, et à d'autres aspects de la connaissance.

 

18. La théorie de Piaget rend compte de quelques caractéristiques essentielles du raisonnement à l’âge scolaire. La plupart des spécialistes du développement estiment cependant que l’enfant de 6 à 11 ans n'est pas toujours aussi logique et objectif que le croyait Piaget. On a souvent reproché aux piagétiens de présenter un enfant habituellement plus épistémique que réel.

 

Langage

 

19. Les habiletés verbales continuent de s'améliorer à l’âge scolaire, car les éducateurs et les parents en encouragent l’acquisition. De plus, les progrès cognitifs facilitent l’apprentissage de mots nouveaux la compréhension des structures grammaticales complexes, l’usage approprié du langage dans la vie quotidienne et l’apprentissage d'autres langues.

 

Pensée, apprentissage et éducation

 

20.  L’enfant d'âge scolaire est généralement réfléchi et curieux. Il peut fixer son attention, raisonner logiquement, mémoriser des faits reliés et utiliser divers codes linguistiques. Les méthodes employées pour cultiver et orienter ces habiletés cognitives varient selon les écoles, les pays et les cultures.

 

21.  L’éducation correspond en un sens à la transmission d'habiletés valorisées par la société (comme Ie raisonnement logique en Occident et les compétences liées à la chasse ou à la forêt, à la construction, et à la préparation des aliments etc., dans d'autres régions du monde). Éduquer devient alors le processus par lequel chaque culture, chaque groupe humain, prépare ses jeunes générations à assimiler un certain nombre d’attitudes et d’aptitudes, ainsi qu’un être-au-monde et un Weltanschauung (regard sur le monde) spécifiques.

 

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Damerlepion

Publié dans Pédagogie

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